Colonial SFL, acteur majeur de l’immobilier prime parisien, révèle les résultats de la 13ᵉ édition du baromètre Ifop Paris Workplace, qui mesure le rapport des Franciliens à leur espace de travail. Pour la première fois, l’étude compare la vision d’expatriés à celle de la moyenne des salariés franciliens. Résultats : les expatriés sont plus fiers que nous de travailler à Paris, plus fans de nos rituels parisiens et de nos débats passionnés… tout en jugeant notre management en retard sur le reste de l’Europe.
• 82% sont fiers de travailler à Paris, et 36% ne se voient plus vivre ailleurs qu’en France
• « Belle » est le premier mot que les expatriés associent à Paris (40% contre 29% des Franciliens), avec une architecture notée 8,5/10 (contre 7,9)
• Les expatriés notent mieux que nous la qualité de vie à Paris (6,8 contre 6,2/10), et 58% y trouvent un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso que dans leur pays d’origine.
• 76% trouvent que les Français savent profiter de la vie plus qu’ailleurs… contre 64% des Franciliens. Et parmi nos rituels, les expatriés jugent typiquement parisien le déjeuner au restaurant (83% contre 66%) ou le verre en terrasse après le travail (83% contre 75%).
• Les expatriés jugent en majorité (67%) le management à Paris en retard sur le reste de l’Europe. Ils décrivent davantage les managers parisiens comme changeants, aux consignes floues(27% contre 16%), aux processus de décision longs et peu transparents (76% vs 69% chez les Français)
• L’étude vient confirmer quelques plus vieux clichés sur les salariés parisiens : pour les expatriés, ils sont râleurs (82%), fâchés avec l’anglais (81%), grévistes (76%) et arrogants(65%).
• Pour autant, les salariés franciliens affichent en 2026 un niveau record de bien-être au travail : 7,1/10, un plus haut historique (à égalité avec 2024) depuis le début de l’étude en 2016(où il pointait à 6,4). En particulier, 57% affirment que leurs bureaux ont pesé dans le choix de leur emploi actuel (vs. 30% en 2017), c’est même 72% chez les 18-24 ans.
1/ Venus pour leur carrière, les expats restent pour la qualité de vie
Qu’est-ce qui a motivé le choix des expatriés de venir travailler et vivre à Paris et sa région ? La question posée aux expatriés distinguait volontairement deux registres de motivations :
• les facteurs directement liés à la vie professionnelle : l’opportunité professionnelle, citée en premier (33%), et la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille, en troisième position (10% des réponses) ;
• les facteurs extra-professionnels : la qualité de vie, citée en deuxième (16%), et la vie culturelle (4e, avec 8%).
Ce qui frappe, c’est le poids des facteurs extra-professionnels dans la décision : on ne vient pas à Paris seulement pour y travailler, mais pour tout ce que la capitale offre en « à-côtés ».
Et une fois sur place, Paris « tient ses promesses » :
• Les expatriés attribuent à la qualité de vie parisienne la note de 6,8/10 (contre 6,2/10 pour les Franciliens)
• 58% des expatriés estiment que Paris offre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle que leur pays d’origine.
• Transports, culture, vie festive, sécurité… sur quasi toutes les dimensions testées, les expatriés se montrent au moins un peu plus positifs que les Franciliens :
– 84% sont satisfaits de l’accès en transports en commun à leur lieu de travail (contre 79% des Franciliens en général)
– Les espaces cyclables sont notés 7,2/10 par les expatriés contre 6,6 par les Français
– La sécurité est notée 6,3/10 contre 5,8/10 par les Français
– 93% des expatriés jugent la présence de la culture importante en France (contre 88%), et 82% estiment même que c’est un élément « typiquement parisien » (contre 74%)
Les Français, des épicuriens ?
76% des expatriés estiment que les Français « savent profiter de la vie, plus qu’ailleurs »… un gros écart avec l’avis des Franciliens eux-mêmes (64%).
Résultat : 82% des expatriés sont fiers de travailler à Paris, et plus d’un sur trois (36%) ne se voit plus vivre ailleurs qu’en France. Les expatriés apparaissent comme d’excellents ambassadeurs : ils évaluent en moyenne à 7,2/10 la probabilité de recommander à un proche de venir travailler à Paris, contre 6,6/10 s’agissant des Français.
2/ La beauté comme facteur d’attractivité
Les expatriés nous rappellent que la beauté de la ville et son architecture ne sont pas de simples suppléments d’âme, mais des composantes centrales de l’attractivité des lieux de travail. « Belle » est le premier mot qu’ils associent à Paris (40% de citation, contre 29% des Franciliens en général), loin devant « dynamique » ou « cosmopolite » (12% chacun). Et ils attribuent à l’architecture parisienne la note de 8,5/10, contre 7,9/10 pour les Franciliens.
Aux abords des bureaux, les expatriés se disent systématiquement plus satisfaits que les Franciliens des espaces verts (69% contre 65% – et même 31% contre 15% « très satisfaits »), de la présence de monuments et de bâtiments patrimoniaux (60% contre 55%). Ils sont également plus sensibles à la vue depuis leur poste de travail (60% pour les expatriés contre 56% pour les Français).
Cette adhésion au paysage parisien se lit aussi dans le choix du quartier idéal :
Globalement, 78% préféreraient travailler dans un quartier mixte plutôt que dans un quartier d’affaires. Leur quartier favori pour travailler ? Les quartiers centraux et patrimoniaux (Louvre / Palais-Royal (93%) ou le quartier Latin (90%)) sont cités en première position par les expatriés.
Pour les entreprises, la beauté du cadre de travail n’est donc pas un simple enjeu d’image. Elle participe à l’expérience quotidienne des collaborateurs, à leur fierté d’appartenance et à la capacité de l’employeur à séduire des talents habitués à comparer les grandes métropoles internationales.
3/ Déjeuner, RTT, débat : le bureau à la française fait des envieux
Au bureau, les salariés expatriés plébiscitent une culture du travail qu’ils assimilent facilement à l’art de vivre à la française :
• Pour eux, le déjeuner est un rituel sacré : 83% des expatriés jugent « typiquement parisien » de déjeuner à l’extérieur, au restaurant (contre 66% des Français)
• 84% des expatriés installés depuis moins de cinq ans déjeunent avec leurs collègues, une proportion qui grimpe à 90% chez ceux présents depuis plus de cinq ans – quasiment le niveau des Franciliens en général (91%).
• Les expatriés placent en tête des éléments les plus « typiquement français » dans un espace de travail parisien… les RTT (24%), un acquis si bien entré dans les moeurs françaises que les Franciliens moyens ne le hissent qu’en quatrième position (13%)
• Le débat, sport national : 60% des expatriés voient dans la confrontation d’idées au travail un trait « typiquement parisien » (vs. 50% des Français).
• 56% des expatriés considèrent le bureau comme un lieu de vie autant qu’un lieu de travail (c’est 48% pour les Franciliens), et la moitié affirment que leurs collègues sont aussi leurs amis.
Au global, le bureau joue un rôle primordial dans l’intégration des expatriés : 93% de ceux qui indiquent avoir de très bonnes relations avec leurs collègues (note de 9 ou 10/10) déclarent avoir été « bien accueillis » en France de manière générale.
La note de bien-être au travail des expatriés s’établit à 7,1/10, au même niveau que celle des Français, mais ils sont 22% à se situer entre 9 et 10/10, contre 16% des Français. Et les nouveaux arrivants (moins de 5 ans : 7,2/10) se distinguent à peine des « enracinés » (5 ans ou plus : 7,1/10) : le signe d’une intégration réussie et durable.
Résultat : le télétravail séduit un peu moins les expatriés, venus à Paris pour « vivre l’expérience parisienne ». 78% des Français déclarent que la possibilité de faire du télétravail est devenue un critère de choix pour leur prochain poste, contre 71% des expats (-7 points).
4/ Management : le talon d’Achille de la French Touch ?
L’attachement à Paris et son environnement de travail n’empêche pas les expatriés de porter un regard nuancé sur nos méthodes de travail, souvent décrites comme verticales et peu transparentes. Ce cliché se vérifie dans notre étude :
• 67% des expatriés estiment que la culture managériale en France est en retard par rapport à d’autres pays d’Europe
• 27% décrivent leur manager comme changeant, donnant des consignes floues (contre 16% des Franciliens en général, l’écart le plus fort)
• 76% jugent les processus de décision longs et peu transparents (vs. 69% des Franciliens).
5/ Râleurs, grévistes, arrogants… certains clichés ont la vie dure
Les expatriés aiment Paris, mais ils n’en ont pas moins leurs idées reçues sur les Français… dont certaines reposent sur une part de réalité :
• 82% des expatriés jugent les Français « râleurs »
• 81% estiment qu’ils parlent mal anglais
• 65% les trouvent arrogants.
• Un cliché ne convainc en revanche qu’une minorité : seuls 45% pensent que les Français travaillent moins que les autres.
6/ Les Franciliens affichent pourtant un bien-être record au travail
Depuis que le baromètre Ifop Paris Workplace décrypte le rapport des salariés franciliens au travail, jamais l’étude n’avait enregistré une note de bien-être au travail aussi élevée : elle atteint 7,1/10 (à égalité avec 2024), contre 6,4/10 en 2016.
Aimer son bureau « vaut » ainsi 1,2 point de bien-être : ceux qui y voient un lieu de vie évaluent leur niveau de bien-être à 7,7/10. C’est 6,5/10 seulement pour ceux qui n’y voient qu’un lieu de travail.
57% des salariés jugent que leurs bureaux ont compté dans le choix de rejoindre leur entreprise, contre 30% en 2017. Un chiffre qui grimpe à 72% chez les 18-24 ans.
Le Covid a changé le regard des Franciliens sur leur bureau : ils sont désormais autant à estimer le bureau comme un lieu de vie que comme un lieu de travail (49% contre 51%).
L’équilibre entre le rythme de télétravail souhaité et le rythme de travail effectif est désormais stabilisé (2,2 jours souhaités, 1,6 jours effectués).